Le chemin de Stevenson

Le chemin de Stevenson

Se faire réveiller par le bruit des oiseaux, la lumière du jour, la rosée. Se lever, faire un café, s’étirer. Muscles endoloris. Yeux gonflés. Regarder le soleil se lever, me réchauffer, sécher mes vêtements. Manger, boire. Il est 6h.

Je plie mes affaires, les compacte, les case dans mon sac, je fais le plein des gourdes. Je regarde la carte, me fixe un objectif à atteindre pour la mi-journée. Je finis mon café, je serre mes lacets, il est 7h, je reprends le chemin Stevenson. Cela fait 4 jours que je suis le GR70 au départ d’Alès et en direction du Puy-en-Velay, il me reste 48 km et je ne dois pas rater mon train, le dernier de la journée pour rentrer vers Paris. J’ai déjà 200km dans les jambes.

Le chemin de Stevenson est le nom donné au GR 70, en référence au parcours effectué à travers le Velay, le Gévaudan, le mont Lozère et les Cévennes, en compagnie de son ânesse, Modestine, par l'écrivain écossais Robert Louis Stevenson à l'automne 1878 et que vous pouvez découvrir dans son ouvrage "Voyage avec un âne dans les Cévennes". 
Cette année là, Stevenson a 28 ans et rêve de devenir écrivain, même si il a déjà publié quelques nouvelles et un récit de voyage, ses écrits demeurent assez confidentiels et sont bien loin de toucher le grand public; comme le fera 5 ans plus tard, son premier succès "L'Île au trésor". Issu d'un milieu aisé, il est financièrement dépendant de son père Thomas, lequel voit d'un assez mauvais œil la vie de bohème que mène son fils ainsi que ses ambitions littéraires. Lorsqu'en août 1878, la femme qu'il fréquente, 
Fanny Osbourne, une femme mariée (mais séparée de son mari) et mère de deux enfants, cette dernière repart en Californie, Stevenson sombre dans la déprime.

Pour se changer les idées, il part en voyage dans le sud de la France et finit par s'installer au Monastier en Haute-Loire, dans une petite pension, où il réside plusieurs semaines, avant de se décider de partir sur les chemins, accompagné d'une annesse, Modestine, à travers les Cévennes. Son manque d'expérience et de connaissance de la randonnée, racontée dans son ouvrage, nous emméne à ses cotés, et nous fait vivre les joies de l'itinérance mais aussi ces déconvenues.

J’aime prendre part à des courses d’ultra trail régulièrement mais l’ambiance compétition, les règles et l'obligation de respecter les barrières horaires me laisse parfois frustré de passer dans des paysages et de ne pas en profiter assez. C’est pour cela que depuis quelques temps j’aime partir sur des chemins en autonomie et découvrir ces régions selon mes envies, mon temps libre et à mon rythme.
Le long de ce parcours j’ai pu prendre le temps de m'arrêter me baigner dans une rivière aux heures les plus chaudes de la journée, prendre un café à une terrasse de l’unique café du village, discuter avec les randonneurs…

J’ai donc décidé de parcourir le Chemin de Stevenson, en courant en partant de Alés, pour arriver au Puy en Velay. D’ordinaire les randonneurs font le chemin dans l’autre sens mais pour une raison de d’organisation et d’horaire de train, c’était plus simple dans ce sens là pour moi.

Le poids de la liberté
Pour pouvoir courir facilement, j’ai besoin d’avoir un sac le plus léger possible, mais je veux pouvoir dormir où je veux et quand je veux, donc être autonome en alimentation et en eau. Les régions traversées sont bien alimentées en eaux, j’ai trouvé des fontaines et des sources très régulièrement, mais à cause des fortes chaleurs ce week-end là (plus de 30° le samedi) je préfère avoir toujours au moins 2 litres d’eau. Cela alourdit considérablement mon sac mais je ne veux pas prendre le risque d’avoir un coup de chaud. Une fois les gourdes remplies, mon sac avoisine les 8kg. POur le couchage j’ai choisi duvet Sea To Summit, qui est confortable jusqu'à une température de 5 degrés et un bivy, un sur-sac, de la marque SOL en matière très légère mais pas assez respirante. Le matin j’avais beaucoup trop de condensation à l'intérieur, si je le refaisais je choisirai un autre Bivy de la même marque qui beaucoup plus respirant en restant léger.

 

Autre avantage, le chemin Stevenson traverse régulièrement des villages où il est possible de se ravitailler, pas besoin de transporter trop d’aliments, je suis parti avec 3 plats et 3 petits dej lyophilisés, quelques fruits secs et des noisettes. Le midi et le soir, je prévoyais du pain, des fruits et des légumes pour compléter. Le midi je m’arrangeais d’une pause au bord des nombreuses rivières pour me baigner et le soir je dormais dans des camping municipaux très bon marché, je devais absolument avoir de l’eau et une bonne douche avec la chaleur que j’ai encaissé pendant les 4 jours. Il possible de faire ce tracé en dormant dans des gîtes, de manger dans des auberges et d’être encore plus léger mais dans un souci d’économie et de liberté, j’ai préféré le faire en autonomie.

Ce chemin n’est pas compliqué techniquement, le dénivelé est raisonnable, rien d’insurmontable. A chacun de la faire à son rythme et d’adapter selon ses capacités. Rien n'empêche de le faire en plus de jours ou de faire une pause au milieu. A vous de jouer !

MON SAC :

-Sac Osprey 18L
-Matelas Sea to Summit Ultra Light 395gr
-Duvet Sea to Summit Spark II 390gr
-bruleur MSR Pocket Rocket 73gr
-popote
-cartouche gaz Primus
-bivy sac de secours SOL 108 gr
-batterie (trop lourde !)
-cuillère/couteau
-frontale Petzl 86gr
-trousse de secours
-gobelet
-vêtements (coupe vent+micro doudoune EIDER)
-tee-shirt et caleçon de rechange
-3 repas et 3 petits dej lyophilisés
-un livre : "L'usage du monde" de Nicolas Bouvier
-carte papier de la région + téléphone avec application Iphigénie

jour 0
gare de Alès > lieu-dit La Cabane = 9km

jour 1
la Cabane > Cassagnas = 59km

jour 2
Cassagnas > Chasseradès = 57km

jour 3
Chasseradès > Le Bouchet St-Nicolas = 67km

jour 4
Le Bouchet St-Nicolas > Le Puy-en-Velay = 47km





Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approvés avant d'être affichés