Bikepacking au Maroc

Bikepacking au Maroc

Partir à l’inconnu

Quoi de plus excitant que de partir dans un pays que l’on ne connaît pas, dans des paysages grandioses, sur des chemins pas toujours accueillants et rencontrer des habitants qui le seront toujours. C’est dans cet état d’esprit que Yann s’est inscrit sur sa première course de bikepacking : l’Atlas Mountain Race au Maroc.Une nouvelle forme de course cycliste voit le jour depuis quelques années, des épreuves d’ultra-cyclisme en autosuffisance, avec des distances pouvant aller jusqu'à 4000 kilomètres, sur route ou sur chemins, en gravel ou en vtt. 


La genèse

L’épreuve fondatrice de l’ultra-cyclisme est sans doute la mythique Paris-Brest-Paris - 1200 km en moins de 90 heures- créées en 1891. Mais c’est avec la trans am - la traversée des États-Unis sans assistance -  que les règles se précisent et deviennent une discipline à part entières. En Europe, depuis 2013, la Transcontinental Race - environ 3500 km - est devenue une référence grâce à son fondateur, Mike Hall, athlète Gallois, malheureusement décédé sur une course au meilleur de sa carrière. Cette discipline se décline aussi en tout-terrain, comme le mythique Tour Divide - 4417 km - qui descend le long des montagnes Rocheuses depuis Banff au Canada et rejoint la frontière mexicaine. Sur l’AMR, le départ se fait de Marrakech, traverse l’Atlas avec un col à plus 2600 mètres d’altitude, passe au nord d'Ouarzazate, pour finir au bord de l’océan, au sud d’Agadir. 1145 km avec une majorité de chemins et de pistes, 3 check point et surtout 8 jours pour rallier la ligne d’arrivée. Pour Yann, pas question de regarder le classement, son unique but est de finir dans les temps et surtout de profiter au maximum de ce dépaysement, de prendre du plaisir même si les journées vont être longues et difficiles.

 


Le poids du choix

Mais avant de rouler, il lui faudra choisir son vélo et son matériel pour être le plus léger possible et pouvoir dormir même en altitude sans souffrir du froid. En février dans les montagnes Marocaines, la température peut monter à plus de 30 degrés la journée mais descendre en dessous de 0 la nuit.

Côté vélo le choix est vite fait, ça sera un vtt avec une fourche télescopique, plus confortable qu’un gravel. Seul changement par rapport au modèle d’origine, un chisel de chez Specialized, il montera un cintre H-Bars de chez Jones. Il rajoutera deux cages pour fixer des bouteilles de 1,2 litres de la marque Kleen Kanteen en métal. Pour le sleeping system, Yann choisit un duvet en plume de la marque Sea To Summit, le modèle spark 3 (625 g) reste confortable jusqu'à 6 degrés, associé un “sac à viande” thermolite de la même marque (399 g), qui peut ajouter jusqu'à 10 degrés de confort en plus et protéger le duvet. Pour pouvoir dormir sur des sols parfois caillouteux et parfois froids, il prend un matelas gonflable ultralight Sea To Summit (325 g). Et pouvoir parer à toute éventualité, il choisit d’emmener une tente ultra light de la marque Six Moon design, ultra light et très rapide à monter, avec seulement un mât et 5 piquets (700 g). Le vélo reste un sport mécanique, il est donc important de rien oublier dans la trousse de réparation. Le vélo étant monté en tubeless, un kit de mèches, des patchs, et des chambres à air sont indispensables car dans les villages traversés, il ne pourra pas compter sur les vélocistes locaux. 


Étant donné que sur certaines parties du parcours, aucun village ne sera traversé, donc sans ravitaillement possible, il faut prévoir de quoi manger et boire, c'est pour cela qu’il emportera 2 plats lyophilisés et 2 mueslis, ainsi qu’une popote et un réchaud Esbit très léger, alimenté par des pastilles d’alcool qui permettent de faire bouillir assez d’eau pour un plat ou un café.Côté orientation, il est parti avec un Garmin edge 820, qu’il rechargera tout en roulant avec une batterie externe de 10000 Mah avec 2 sorties en USB. Pour l’éclairage il a choisi de fixer une frontale sur son casque, pour pouvoir lire son compteur sans en utiliser le rétro-éclairage, accompagnée d'une lampe Garmin Varia à l’avant et d’une autre lampe de secours Knog, les deux pouvant être rechargées en USB. Côté textile, il faut faire léger et efficace : une mini doudoune sans manches pour le matin et une veste imperméable et isolante, la Norvan de chez Arc'teryx. Pour dormir au chaud et au sec la nuit, un haut thermo de chez Odlo très chaud.


Voilà pour le matériel et la préparation, mais pour découvrir et vivre l’aventure à ses côtés, le mieux est de regarder son film, les images en disent plus longs que les mots parfois.


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